J’appelle mes frères

J’appelle mes frères

Une création du Théâtre des Bains-Douches

de Jonas Hassen Khemiri (traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy).
Le texte est publié aux éditions Théâtrales, éditeur et agent de l’auteur.


« J’appelle mes frères et je dis : «Il vient de se passer un truc complètement fou. Vous avez entendu ? Douze morts, onze blessés, dans la rédaction d’un journal à Paris.»

J’appelle mes frères et je dis : «La police traque deux suspects. Ils sont frères. Mais ils ne sont pas nos frères. Même si certains vont essayer de les associer à nous. Leurs noms, leur origine, la couleur de leurs cheveux. »

J’appelle mes frères et je dis : «Faites attention. Ne vous faites pas remarquer pendant quelques jours. Fermez les portes. Tirez les rideaux. Si vous devez sortir, laissez votre keffieh à la maison. Ne portez pas de sac suspect. »

J’appelle mes frères et je dis : «Oubliez ce que je viens de dire. Fuck le silence ! Fuck l’anonymat ! Sortez en ville en ne portant que des guirlandes de Noël. Mettez des anoraks fluorescents, des jupes en raphia orange. Soyez le plus visibles possible pour qu’ils comprennent qu’il existe des forces d’opposition. »

Quand la peur s’installe en nous, nous commençons à craindre l’avenir et à regretter le passé. Nous commençons à souhaiter que le temps revienne en arrière, c’était tellement mieux avant, quand les hommes étaient des hommes, les femmes étaient des femmes, et personne n’était homosexuel. Quand nous avions des fax, au lieu d’Internet, et la guillotine, au lieu d’un système judiciaire. »
Extrait de l’article écrit par Jonas Hassen Khemiri publié le 8 janvier 2015.

Dans cette Europe qui compte le nombre de bagnoles qui sortent de ses usines que faisons-nous des mains qui les produisent ?

Dans cette Europe qui compte les gens que faisons-nous de ceux que nous appelons encore « les enfants de l’immigration », plaçant, ainsi, en marge de nos sociétés, toute une partie de notre jeunesse ?

Dans cette Europe qui compte ses sous, dans cette Europe qui compte sans cesse que faisons-nous de nous ?

Distribution
Mise en scène Ludovic Pacot-Grivel – Avec Nadir Louatib, Laure Mathis, Juliette Navis, Jonathan Manzambi – Création lumières Florent Pellen – Création son et interprétation Mathieu Hubert
Production
Production Théâtre des Bains-Douches – Coproduction Théâtre Le Passage, Scène conventionnée de Fécamp – Le Rayon Vert, Scène conventionnée de Saint Valery en Caux – En co-accueil avec Le Festival Terres de Paroles
Du Mardi 17 au vendredi 20 Avril à 20H
Durée 1H15

Tarif A

Tarif plein : 15€
Étudiant, jeune -26 ans : 9€
Demandeur d’emploi, intermittent, étudiant de l’Université du Havre : 6€
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